BYOD ou COPE ?

web-evolution-680-300x123BYOD (abréviation de l’anglais « Bring Your Own Device ») est une pratique qui a émergé de 2010 à 2014 et qui consiste à utiliser ses équipements personnels (téléphone, ordinateur portable, tablette électronique) dans un contexte professionnel.

Les avantages de BYOD se traduisent économiquement, puisque plus de 70 % des entreprises qui l’ont mis en place ont déclaré avoir obtenu des gains de productivité liés à leurs salariés et une économie de coûts liée à l’absence d’achats de nouveaux terminaux informatiques.

Pour ce faire, les entreprises doivent adapter leurs infrastructures. Ainsi, certaines sociétés ont été obligées de mettre en place des réseaux sans fil au sein de leurs infrastructures pour celles qui n’en possédaient pas, car certains terminaux aujourd’hui, à l’image des tablettes ne peuvent se connecter que par ce biais. Il est également indispensable pour limiter les risques (pertes de données, conflits juridiques…) de mettre en place un système de gestion de droit numérique et d’adapter l’infrastructure de l’entreprise à supporter des flux supplémentaires qui représentent aussi un coût. Ces systèmes se traduisent notamment par l’embauche d’un ou de plusieurs informaticiens selon la taille de l’entreprise dédiée aux interventions (que ce soit pour des réparations, des contrôles ou encore des aides) sur les périphériques personnels des salariés.

Ainsi comme le rappelle Nil Sanyas pour Bring it on, si le BYOD connaît un succès certain en Asie ou encore en Amérique (que ce soit au Nord ou au Sud), en Europe, la situation est différente. Les DSI sont assez frileux, ceci pour de nombreuses raisons : sécurité, droit, …. De nombreuses entreprises européennes optent ainsi assez souvent pour un BYOD limité, ou des solutions intermédiaires comme le CYOD, qui offre l’avantage de donner un plus grand contrôle à l’entreprise, tout en proposant un certain choix à l’employé. Le CYOD, pour « Choose Your Own Device », a un concept  simple : l’entreprise fournit les matériels qui conviennent à la fois à ses préoccupations de fonctionnement et de performance mais aussi aux souhaits des utilisateurs.

Mais une autre solution alternative pourrait bien percer en Europe : le COPE. Son concept est simple : à l’instar du BYOD, l’appareil peut être utilisé tout aussi bien pour les besoins personnels que professionnels, mais à l’inverse du BYOD, c’est bien l’entreprise qui est détentrice de l’appareil. Une différence fondamentale, qui a pour avantage d’accroître fortement la maitrise de l’appareil pour l’entreprise, mais qui a pour défaut de limiter les choix de l’employé, tout du moins selon la politique mise en place.

Bien entendu, les employés n’ont pas attendu le COPE pour utiliser personnellement les appareils fournis par leur entreprise. Mais cet usage était en quelque sorte toléré, souvent très limité, et l’employé pouvait craindre d’être espionné. Parfois, cet espionnage est même officiel, certaines entreprises n’hésitant pas à le préciser dans leur règlement. Avec le COPE, la philosophie est différente. Les aspects professionnels et personnels sont bien différenciés et dès le départ, chaque partie sait où elle va.

Le contrat est donc le suivant : l’entreprise achète, l’employé gère et utilise. Les avantages sont multiples :

  •     sécurité accrue
  •     administration facilitée
  •     gestion des frais simplifiée
  •     homogénéité du parc d’appareils
  •     économie pour le salarié
  •     problématique juridique réduite
  •     rapport pro/perso plus transparent

Si le concept du COPE existe depuis plusieurs années, il a tout pour percer, surtout en Europe, ceci pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le BYOD n’est pas un succès partout dans le monde, notamment en Europe, ce qui signifie qu’une place est encore à prendre.

Cependant, comme l’écrit Claire Leroy (CXP), le COPE est loin d’avoir relégué le BYOD dans les oubliettes de l’histoire. Les constructeurs d’appareils mobiles savent bien que l’enjeu de leur développement se joue davantage auprès du grand public qu’auprès des entreprises : question de volume. La stratégie d’Apple avec son iPhone reste avant tout tournée vers  le grand public. Microsoft défend également le BYOD  : ses tablettes tactiles sous Windows ciblent d’abord l’usage personnel et seulement en second lieu les applications professionnelles. Quant aux salariés, ils n’ont pas dit leur dernier mot : accepteront-ils de gaîté de coeur d’avoir un deuxième mobile professionnel d’une marque ou d’un modèle qu’ils n’auront pas choisi eux-mêmes ? L’intérêt essentiel du BYOD (amélioration de la productivité personnelle) ne risque-t-il pas de se trouver  diminué avec le COPE ?

Quelle que soit la démarche qui l’emportera, le BYOD plus « ouvert » et  moins coûteux, le COPE plus « sécuritaire », ne perdons pas de vue que l’essentiel est de faciliter la mobilité dans les meilleures conditions pour tous, salariés et entreprises. Le COPE et le  BYOD ne sont d’ailleurs pas antinomiques et sont tous deux déjà mis en place dans une même entreprise pour des populations différentes. Avec le recul et l’expérience, viendront  sans doute d’autres approches et de nouveaux compromis.

Références:

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